Déjouer l’ennemi : Nelson Mandela et le jeu qui a sauvé une nation
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Vidéos : « Invictus » Un film de Clint Eastwood avec Morgan Freeman et Matt Damon. Sortie le 13 janvier.
- Interviews de Morgan Freeman, Matt Damon, Clint Eastwood et Francois Pienaar.
- Documentaire « Une heure sur terre » le rugby aujourd’hui en Afrique du Sud.
L’adaptation par Eastwood du livre de John Carlin « Playing the Enemy : Nelson Mandela and the Game That Made a Nation », s’appelle… Roulements de tambours… Invictus ! Titre latin d’un poème de William Ernest Henley, Invictus signifie « invincible ». Invincible comme l’a été le grand Nelson Mandela, enfermé des années durant pour trahison, ou plutôt pour combat pour la liberté un peu trop dérangeant à l’époque de l’Apartheid en Afrique du Sud.
Lors d’une interview pour le Reader’s Digest, Nelson Mandela confie que ce poème l’a aidé à tenir pendant toutes ces années de prison, notamment les derniers vers : « Aussi étroit soit le chemin, Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme Je suis le maître de mon destin, Et capitaine de mon âme. »
Clint Eastwood, le réalisateur aux 4 Oscars, revient avec une histoire véridique et édifiante, « Invictus », racontant comment Nelson Mandela (Morgan Freeman) s’est allié au capitaine de l’équipe de rugby d’Afrique du Sud, Francois Pienaar (Matt Damon), dans une tentative d’unification de leur pays. Le scénario est écrit par le Sud Africain Anthony Peckham, d’après le livre de John Carlin, « Déjouer l’ennemi ». Nouvellement élu président, Mandela est conscient qu’au lendemain de l’Apartheid, son pays reste divisé sur le plan racial et économique. Profondément convaincu qu’il peut rassembler son peuple grâce au langage universel du sport, Mandela se rallie à l’engagement de l’équipe nationale de rugby lors de la coupe du monde de 1995 pour laquelle elle était donnée perdante.
US.Dax Rugby « Déjouer l’ennemi - Nelson Mandela et le jeu qui a sauvé une nation. » Par John Carlin.
En 1985, Nelson Mandela, alors incarcéré depuis vingt-trois ans, entreprit de vaincre les partisans les plus impitoyables de l’apartheid, de ses geôliers jusqu’aux chefs de l’armée sud-africaine. Il gagna d’abord sa libération, puis remporta la présidence du pays lors de sa première élection libre en 1994. Mais il savait que l’Afrique du Sud était encore dangereusement divisée par cinquante ans d’apartheid. S’il ne pouvait l’unir rapidement, d’une façon viscérale et émotionnelle, son pays allait s’effondrer dans le chaos.
Il choisit une cause ayant, a priori, peu de chance de succès : l’appui au Springboks, l’équipe nationale de rugby, lors du tournoi de la Coupe du monde 1995 tenu en Afrique du Sud. Contre les géants du sport, les perspectives de victoire des Springboks étaient faibles, et leurs chances de s’emparer des cœurs de la plupart des Sud-Africains semblaient encore plus inaccessibles, car ils avaient longtemps incarné le règne des Blancs. Durant l’apartheid, les Springboks et leurs partisans, tous des Blancs, avaient entonné des chants de ralliement racistes, et les Noirs venaient aux matchs des Springboks pour appuyer l’équipe adverse.
Mais Mandela estimait que les Springboks pouvaient incarner et attirer la nouvelle Afrique du Sud. Et l’équipe adopta son plan. En peu de temps, la télévision sud-africaine diffusait des images de l’équipe chantant l’hymne traditionnel de la résistance noire. A mesure que leur étonnante série de victoires s’allongeait, leur avantage sur le plan intérieur s’accrut d’une façon exponentielle. Des Sud-Africains de toute couleur et de toute allégeance politique furent séduits par l’équipe.
Lorsque les Springboks firent leur entrée dans le stade pour le match contre l’équipe favorite, celle de la Nouvelle-Zélande, Mandela était assis dans son fauteuil présidentiel, portant le maillot des Springboks, tandis que 62 000 partisans, des Blancs pour la plupart, scandaient « Nelson ! Nelson ! ». Des millions d’autres étaient rassemblés devant leurs téléviseurs, dans les bidonvilles noirs ou les chics banlieues blanches, pour encourager leur équipe. Ce jour-là, les Springboks l’emportèrent, couronnant l’effort de Mandela en vue de rassembler à jamais 43 millions de Sud-Africains.
John Carlin, ancien chef du bureau sud-africain de l’Independant, de Londres, offre un portrait singulier, en pleine action, du plus grand homme d’Etat de notre époque, concoctant jusqu’à l’ivresse le volatil cocktail de la race, du sport et de la politique. Il a puisé dans de longues entrevues avec Mandela, Desmond Tutu et des dizaines d’autres Sud-Africains engagés dans la décisive campagne de Mandela et l’improbable triomphe des Springboks. En un langage émouvant, il explique comment leur championnat a transcendé la griserie de la victoire pour effacer les haines anciennes et unifier un pays.
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